17 octobre 2021 - D1 : Liffré C - Liffré B, Davids contre Goliaths ...

logo IA... mais nul besoin de fronde ou de cailloux. Liffré C a usé de toute sa concentration pour arriver à bout de ceux qu'ils appelaient déjà les "indestructibles insubmersibles irréductibles" de Liffré B que représentaient Margot, Dominique, Stéphane, Christophe et François.

Et pourtant, le miracle s'est produit à l'échiquier du Pays de Liffré. Les larmes aux yeux, le regard vers l'avenir, nous contemplions notre Destin. Désormais, tout s'offrait à nous, un futur emprunt de sérénité et de confiance en soi. Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu ! 

Des joueurs de Liffré B souriaient à l'idée de ne faire qu'une bouchée de nos cerveaux frêles et timorés, même un joueur de N4 que nous appellerons J. pour conserver son anonymat, sous peine de viles représailles, avait annoncé à François qu'il "devrait battre son adversaire facilement", le courageux Erwan, ni plus ni moins le narrateur de cette histoire. Que diable ! Mais c'était sans compter sur la vaillance de ses quatre co-équipiers de Liffré C, et Erwan dit alors avec détermination aux quelques rieurs de l'équipe de Liffré B : "Si on gagne le match, on pourra vous chambrer jusqu'à la fin de l'année"... Cette annonce va-t-elle se révéler une prolepse dont Liffré B se souviendra encore longtemps ? Verdict.

Jean-Pierre, table 1 avec les Noirs contre Margot, débute bien la partie mais les Blancs gagnent le centre rapidement. Les Noirs perdent un pion mais attaquent les pions du centre. Les Blancs font une attaque à l'aile dame et gagnent une pièce. Ils activent toutes leurs pièces et les Noirs finissent par abandonner quand ils perdent leur seconde Tour. 0-1

Erwan, table 5 avec les Noirs contre François, avait fort à faire contre un joueur qu'il avait déjà expérimenté en rapide. Les choses se sont compliquées pour les Blancs dès lors qu'ils ne pouvaient plus roquer. Mais ils ont tenu bon en essayant de renforcer leurs positions avec un pion avancé au centre. Une tactique d'Erwan avec une fourchette royale d'un cavalier débouchant sur un échange de Dames a déroqué le Roi Blanc. L'avantage positionnel créé permit une fin de partie plus simplifiée pour les Noirs, mais il ne fallait pas relâcher sa vigilance pour autant. D'ailleurs, celle-ci a été relâchée puisque François n'a pas vu le Pat qu'il pouvait faire en faisant échec perpétuel. Ouf, il s'en est fallu de peu. D'autant plus que ce Pat aurait permis une égalité parfaite entre les deux équipes. Mais trève de frustration. Cette partie aura été pédagogique pour les deux camps. 1-1

Jean-Marc, table 2 avec les Blancs contre Dominique, démarra avec une ouverture frileuse, mais une erreur d'inattention de Dominique remet Jean-Marc en selle, en lui permettant de prendre un pion, puis d'échanger les Dames et ainsi de contrer son Fou en fianchetto. Mais il ne peut aller au bout de son idée et la partie bascule à nouveau. Les Noirs récupèrent leur pion et ont une structure de pions bien meilleure. Néanmoins, il réussit à sauver son pion avancé et menaçant. Il parvient à prendre le contrôle de la colonne avec deux Tours doublées qui perturbent son adversaire, de sorte que l'une d'elles pénètre le camp adverse, et se sacrifie contre un Cavalier, son adversaire n'ayant pas anticipé la fourchette à suivre qui récupère la Tour. Avec un Cavalier d'avance, la partie est gagnée malgré une résistance pour l'honneur des Noirs. 2-1

Alexis, table 4 avec les Blancs contre Christophe, gagne d'abord un pion avec sa Dame. Il sent qu'il peut faire des tactiques mais son adversaire ne fait pas d'erreurs. Après avoir échangé les Dames, il parvient à lui enfermer son Fou, ce qui entraîna son sacrifice sur un pion. A ce moment de la partie, Alexis a donc un fou de plus. Avec un mat du couloir menaçant clouant la Tour sur la première ligne, il doit composer également avec un alignement très dangereux entre son cavalier et un de ses pions après avoir pris un pion passé. Après une série d'échanges, il arrive dans une position avec trois pions et un cavalier tandis Christophe n'a que deux pions. Celui-ci finit donc par abandonner après 3h30 de partie et 55 coups. Alexis, le capitaine, donne le point de la victoire à l'équipe. 3-1

David, table 3 avec les Noirs contre Goliath !!! Euh non, il y a erreur sur le casting, là, les gars, vous foutez quoi ? Pardon, vous mettez un beau gosse avec cheveux poivre et sel et yeux bleus comme Goliath ? Vous avez disjoncté, non ? Hein ? On n'a que lui sous la main ? Mais Goliath, il est censé faire peur si mes souvenirs sont bons ? Ah, la page Wikipedia dit qu'il est grand et courageux. Bon, ça fera le taf alors. Reprenons...

David, table 3 avec les Noirs contre Stéphane (mouais, ça a moins la pêche que Goliath dit comme ça), effectua une partie marathon avec un match de 5 heures, qui se termine par une défaite malgré une bataille très serrée sur toute la partie. Il aura fallu d'un rien pour accrocher un adversaire plus fort sur le papier ... mais aussi sur le jeu. Stéphane, alias Goliath donc, dira en backstage que dès lors qu'il avait pris le pion avec sa Tour à la fin, il savait que la partie allait basculer en sa faveur. Du fait de deux pions liés, le Roi Blanc était en effet plus proche, empêchant le Roi Noir de venir les dévorer. Les carottes étaient cuites. Mais David savait qu'il n'avait pas démérité, et Stéphane a eu chaud pour son matricule. 3-2

Et Liffré B succomba à "l'illusion du Phénix" dégainée par Liffré C après cinq heures de match. Oui, une "illusion du phénix", malgré son instantanéité habituelle, prend son temps aux échecs. Jean-Pierre, Jean-Marc, David, Erwan, et Alexis, notre capitaine qui aura en plus le triomphe de nous donner le point de la victoire, n'en reviennent toujours pas à l'écriture de ses lignes, où ils doivent dormir paisiblement en rêvant de leur réussite sur la Place des Grands Hommes. Ce n'était pourtant pas si bien engagé que cela, comme vous avez pu le voir. Mais c'est ça, les échecs ! Un gramme de finesse dans un monde de brutes, un gramme de subtilité dans un monde d'orgueil ! L'équipe de Liffré B était-elle trop confiante ? L'équipe de Liffré C comptait-elle des joueurs en pleine ascension ? Est-ce un peu des deux ? L'Avenir, le vrai cette fois, nous le dira. En tout cas, Liffré C n'oublie pas qu'ils peuvent les "chatouiller gentiment" jusqu'à la fin de l'année, et ça, c'est beau, c'est le karma. :-p

Merci à Laetitia pour la relecture et qui corrige mes fautes quand elles se glissent malencontreusement dans les articles.

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